Les Phocéens se sont rapidement implantés et ont construit une cité résolument tournée vers la mer et le commerce. Ainsi, tout au long de la longue histoire de Marseille, c'est le commerce (et les commerçants) qui décident du sort de la ville : guerres, paix et alliances. La légende de la rencontre et de l'alliance entre le marin Protis (phocéen) et de la belle Gyptis (massaliote) établit fermement sa tradition de ville commerciale.
En effet, la prospérité et le malheur de la ville sont liés à son port. Pendant longtemps, le puissant empire romain a laissé une relative autonomie à cette cité grecque qui fut réputée pour son enseignement. Exemple de cette prospérité, Marseille fut la première ville de France à disposer d'un système d'égouts. A contrario, la baisse du commerce entre les différentes rives de la Méditerranée à la chute de l'empire au IVe siècle lui fut fatale.
Autre malheur, la grandepeste pénétra en Europe par le port phocéen en 1347. Le XIXe siècle, avec son cortège d'innovations industrielles et les conquêtes de la France dès 1830, stimula le commerce maritime et la prospérité de la ville. Marseille célébra cette richesse à travers les Expositions Coloniales de 1906 et 1922 qui connurent un vif succès. L'arrivée de plusieurs centaines de milliers de rapatriés d'Algérie traumatisés en 1962 marqua l'esprit de la ville.
Marseille en 1575
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Marseille en 1575
L'autre caractéristique de la ville est le mouvement perpétuel vers l'autonomie vis à vis des autres villes et pouvoirs (notamment de la France, du roi de France et de Paris), la ville changeant d'avis (et de suzerain) suivant ses intérêts. Pendant longtemps, elle s'administre elle-même. Louis XIV (le roi Soleil) lui-même se méfiait de cette ville troublionne : les canons des forts de part et d'autre du Lacydon n'étaient pas tournés vers le grand large pour la protéger mais bien pour contenir tout esprit de révolte chez ses habitants.
Il faut attendre la Révolution française et l'uniformisation du territoire français (langue, monnaie, droit) pour que Marseille perde cette spécificité qu'elle a toujours tenté de conserver. Pendant cette période trouble, l'esprit contestataire de la ville lui fit perdre son nom : elle fut rebaptisée « La Ville-sans-nom » ! Durant le douloureux soulèvement de la commune de Paris, la ville connut aussi son insurrection mais celle-ci fut de courte durée.
Cette image arriva jusqu'à Berlin, où Adolph Hitler avait comme projet de raser la ville, symbole pour lui de tout ce qu'il détestait : population et culture cosmopolites. Et plusieurs quartiers furent rasés avant que les forces débarquées en Provence ne libèrent la ville en 1944. Marseille fut aux côtés de Paris et de Lille pour se soulever contre l'occupant.
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